J'sais plus depuis combien d'temps j'tiens,mais là bientôt, j'serais plus capable.J'ai bien aimé jouer l'ange gardien, essayer d'soigner c'qui t'accable.On en a déjà eu des crises et je suis sûr que tu t'en souviens mais, j'ai jamais fait mes valises,je sais plus c'qui m'retiens. J'vais t'dire on est des loups, on est faits pour vivre en bandes, mais surtout pas en couples, ou alors pas longtemps, nous autres ça fait un bail.Toi t'es toujours en rade avec la tienne et tu flippes, eh tu sais vivre libre, c'est souvent vivre seul ça fait p'tête mal au bide, mais c'est bon pour la gueule. C'est presque drôle, ou presque triste, en fait, de te voir évoluer comme ça maintenant, plein de petites aigritudes, confit dans tes petites plaintes comme un vieux dans ses couches senior, toujours râlant, toujours grinçant, défendant son petit coin de bonheur misérable et sans envol...Oui, ça me fait presque de la peine. Presque, parceque tout de même, ça reste toi. Zombie mais joyeuse. Ou pas malheureuse, c'est pareil. Les prises de tête recommencent à disparaitre. Nuits blanches ? Oui, toujours, mais plus pour les mêmes raisons. Plus de soucis, plus de douleurs, plus de remâchages, plus de questions. Comme pour toi à l'époque, je suis maintenant libre. C'était magique, voila comment c'était. C'était un peu triste et un peu joyeux, un peu doux, un peu tiède, un peu tendre, mais tellement fort...Je n'es aucun besoin de tes baisers sur mes lèvres, un coucou régulier t'es garanti dix ans... Après tout, tu t'en fous, tu savais qu'la vie est dégueulasse...Enfin, j'en connais qui vont jubiler...Tant mieux pour eux, tant pis pour moi...